Qui paie la taxe de séjour à Nice ?
Le voyageur. Toujours. La taxe de séjour n'est pas une charge du propriétaire : c'est une contribution due par la personne qui séjourne, calculée par nuit et par adulte. Les mineurs de moins de 18 ans en sont exonérés.
Le propriétaire, lui, n'est pas le redevable mais le collecteur. La Métropole Nice Côte d'Azur le dit ainsi : la taxe « est collectée par les hébergeurs qui la reversent à la Métropole ». Le montant transite par vous ou par la plateforme, il ne vous appartient jamais.
C'est la première confusion à lever, et c'est celle que nous entendons le plus souvent : la taxe de séjour n'entame pas votre rentabilité. Elle s'ajoute au prix payé par le voyageur, elle ne se soustrait pas de vos revenus.
Airbnb collecte : dois-je quand même déclarer ?
Oui. C'est le point que presque personne ne connaît, et il est écrit noir sur blanc sur le portail de la Métropole :
« La télédéclaration des réservations est obligatoire pour tous, même pour les locations Airbnb, Booking.com, Abritel-VRBO et autres plateformes intermédiaires de reversement de la taxe de séjour, ou même en cas d'absence de locations pendant un quadrimestre. »Portail Taxe de Séjour, Métropole Nice Côte d'Azur
Autrement dit : la plateforme se charge de l'argent, pas de la déclaration. Vous devez tout de même vous connecter à votre espace hébergeur et déclarer vos réservations à chaque quadrimestre. Un trimestre sans aucune location se déclare également, à zéro.
La déclaration se fait par période de quatre mois. Pour le deuxième quadrimestre 2026, qui couvre le 1er mai au 31 août, l'échéance est fixée au 30 septembre 2026.
À retenir : Airbnb collecte et reverse l'argent. Vous, vous déclarez. Les deux obligations sont distinctes, et la seconde ne disparaît pas parce que la première est automatisée.
Combien coûte la taxe de séjour, et qui la calcule
Vous n'avez pas à le calculer. Airbnb et Booking appliquent automatiquement le barème de la Métropole à chaque réservation, selon le nombre d'adultes et de nuits, et prélèvent la taxe sur le paiement du voyageur. Les mineurs de moins de 18 ans en sont exonérés, et les plateformes le gèrent aussi.
Deux régimes existent tout de même, et il est utile de savoir dans lequel vous êtes. Un meublé classé relève d'un tarif fixe par personne et par nuit, selon son nombre d'étoiles : le montant ne bouge pas, que la nuit soit vendue 60 € ou 300 €. Un meublé non classé, ce qui est le cas de la grande majorité des logements niçois, relève d'un pourcentage du prix de la nuit, plafonné au tarif le plus élevé appliqué sur la commune. Plus votre nuit se vend cher, plus la taxe monte, jusqu'à ce plafond.
Dans les Alpes-Maritimes s'ajoute une taxe additionnelle départementale de 34 %, instaurée par la loi de finances pour 2023. Les tarifs 2026 sont identiques à ceux de 2025 et figurent sur le portail de la Métropole.
Le classement en meublé de tourisme agit donc sur deux leviers à la fois : il change le mode de calcul de la taxe de séjour, et il modifie l'abattement fiscal applicable à vos revenus.
Le numéro d'enregistrement : dans quel ordre
Aucune déclaration n'est possible sans numéro d'enregistrement, et l'ordre des démarches n'est pas indifférent.
Pour une résidence principale louée dans la limite légale, le numéro s'obtient directement sur le portail de la Métropole, en créant un compte hébergeur puis une fiche logement. Il est délivré automatiquement.
Pour une résidence secondaire ou un investissement locatif à Nice, la Métropole est explicite : l'autorisation de changement d'usage doit être obtenue avant tout enregistrement et toute mise en location. Le numéro vient après, jamais l'inverse. Dans les faits, nous constatons un délai de deux à trois mois pour cette autorisation, et des refus dans les secteurs soumis à quota.
Dernier point que peu de propriétaires anticipent : le numéro d'enregistrement est incessible. Il devient caduc dès que le logement est vendu ou que l'activité de location s'arrête. Un acheteur ne récupère pas celui du vendeur. Le détail des règles niçoises figure dans notre page puis-je louer mon bien sur Airbnb à Nice.
Les erreurs que nous voyons le plus souvent
Croire que la collecte vaut déclaration. C'est de loin la plus fréquente. Le propriétaire voit la taxe prélevée sur chaque réservation Airbnb, en déduit que tout est réglé, et ne se connecte jamais au portail. L'obligation de télédéclarer reste entière.
Ne rien déclarer sur un quadrimestre vide. Un logement bloqué tout l'hiver doit quand même faire l'objet d'une déclaration à zéro.
Confondre redevable et collecteur. Beaucoup de propriétaires pensent payer la taxe de leur poche et l'intègrent à tort dans leur calcul de rentabilité.
Demander le numéro d'enregistrement avant le changement d'usage. Sur une résidence secondaire niçoise, la démarche est à refaire dans le bon ordre.
Sur les montants, un dernier détail : nous relevons parfois des écarts de quelques centimes entre ce que la plateforme collecte et ce que la Métropole attend, liés aux arrondis. Ils se régularisent au moment de la déclaration.